Lorsque je suis arrivée dans cette magnifique ville, je n’étais pas très sûre de mon anglais. Bien entendu j’avais appris les règles de la langue à l’école, puis je l’ai utilisée avec certains de mes clients non-français, ou en suivant des séries TV en VO, ou sous-titrées en anglais. J’ai souvent pratiqué la langue grâce à des amis de la famille qui sont pour la plupart anglais, cela aide. Mais de là à dire que j’étais « fluent », non.

Vu que je travaillais de chez moi, j’avais très peur de louper une partie de l’expérience de l’expatriation en ne côtoyant jamais la réalité de la ville. C’est sûr que pour sortir prendre un café au Starbucks, ou faire du shopping au Marks and Spencer, mon anglais était largement suffisant. Mais comment allais-je « improve my english » si je ne me confrontais pas à la ville et à la langue de manière plus soutenue ?

Du coup, un jour -un samedi- (pendant la visite de ma Maman d’ailleurs) j’ai décidé que j’allais essayer de trouver un job. Même si je ne connaissais pas du tout le marché de l’emploi ici. Et en me baladant dans la High Street de la ville, je me suis rendue compte qu’à chaque magasin (ou presque) des panneaux indiquaient que le shop en question recrutait. J’étais très étonnée, car en France on ne voit pas aussi souvent des panneaux indiquant un besoin de staff… alors que là, c’était indiqué sur presque chaque vitrine !
Ce qui voulait dire une chose pour moi : trouver un « part-time job » allait être possible ! :]

Caracoli Guildford, 168 High Street, Guildford, Surrey. We are on 2nd floor above Steamer trading. Come and see us.

Une photo publiée par Caracoli Guildford (@caracoli_gld) le

Puis avec ma maman nous avons commencé notre lèche-vitrine, nous découvrions les magasins de la ville en même temps. Nous sommes entrés chez Caracoli, un magasin de « delicatessen » comme ils appellent ça en Angleterre, il s’agit d’une épicerie fine, mais aussi d’un endroit où il est possible de déjeuner, de prendre une boisson, des sandwichs et des petits gâteaux. (C’est d’ailleurs grâce (ou à cause) de Caracoli qu’est née ma passion des toasties !)

Let's have breakfast :)

Une photo publiée par Caracoli Guildford (@caracoli_gld) le

J’ai tout de suite adoré cet endroit, une vraie mine d’or de produits anglais, de petits gâteaux… Et en sortant du magasin, je vois une affiche disant qu’ils cherchaient du staff pour les fêtes de fin d’année. Du coup je me suis dit que je ne risquais rien à aller demander des infos sur la marche à suivre. J’y suis retournée, j’ai discuté avec le Manager qui m’a demandé de lui envoyer mon CV par mail. Il était très sympa et lui-même expatrié (du Brésil, donc l’accent était assez violent lol). Je suis sortie avec sa carte de visite, et l’après-midi même je lui envoyais mon cv. Puis tout s’est enchaîné très vite : le soir j’avais une réponse de sa part me proposant un entretien le lundi matin.

N’étant pas sûre de mon niveau d’anglais j’ai décidé de bien me préparer à l’entretien. Je me suis entraînée à me présenter et raconter mes expériences personnelles et professionnelles en anglais, ainsi que des questions à poser. Ainsi je pouvais donc arriver à l’entretien avec un vocabulaire plus adapté à la situation. J’avais déjà travaillé dans ce type d’endroit, mes parents ayant tenu un café / tabac / presse durant mon adolescence j’ai souvent travaillé avec eux, durant mes études j’ai également travaillé dans une boulangerie. Ce qui était amusant c’était que mon stress ne dépendait pas de mon besoin d’avoir ce job, mais plutôt de mon niveau d’anglais et de ma peur de l’incompréhension, ou des difficultés à me faire comprendre.

Mais le Manager était vraiment top, il était très compréhensif puisqu’il était lui-même expat’, il avait un fort accent donc se forçait à parler un peu plus doucement. Il me posait des questions, essayait de comprendre qui j’étais, ce que j’avais fait, il m’a faite parler longtemps. Plus je parlais, mieux cela se passait, je me détendais. Parfois je lui demandais de réexpliquer, surtout concernant les détails du job, avec des termes techniques par exemple.

Je suis rentrée chez moi avec une grande fierté : je venais de faire mon premier entretien d’embauche en anglais ! Je ne pensais pas du tout en être capable, et pourtant. Que cela se fasse ou non, finalement c’était cette partie qui était la plus compliquée pour moi. Le soir même je recevais une réponse, j’étais prise ! Je pouvais commencer le 1er décembre (soit fin de cette même semaine). Du coup on a pris un autre rdv pour que je signe le contrat. Idem, grand moment, car il était encore être question de vocabulaire spécifique auquel je n’étais pas du tout habituée, et encore une fois le Manager était génial. Il prenait le temps de m’expliquer tous les points que je ne comprenais pas.

Christmas arrived at Caracoli!

Une photo publiée par Caracoli Guildford (@caracoli_gld) le

J’étais donc embauchée pour m’occuper de l’ouverture du magasin (ou la fermeture), la réception et mise en place des produits, le remplissage des rayons du magasin, du service, de l’aide au comptoir pour apporter les commandes des clients. D’ailleurs, en Angleterre, on commande au comptoir, on reçoit un objet avec un numéro qui correspond au numéro de la commande. On s’assoit et le serveur nous ramène la commande une fois qu’elle est prête. C’était mon rôle. J’aidais également à la préparation des commandes.

La première semaine j’évitais un peu d’être en contact avec les clients, j’avais souvent peur que mon niveau d’anglais ne soit pas assez bon. Les choses se sont faites d’elles-mêmes, j’ai appris l’auto-dérision, le sourire comme moyen d’expression alternatif quand j’avais du mal à exprimer mes pensées (par manque de vocabulaire). J’ai alors découvert que les anglais aimaient beaucoup les français et surtout notre accent. Ils trouvent cela très sexy apparemment. J’ai beaucoup ri qu’on me dise cela quand j’expliquais que j’allais chercher un collègue pour répondre à leurs interrogations et qu’ils se rendaient compte -merci mon accent- que j’étais française. D’autres étaient ravis et se mettaient à balbutier les quelques mots de français qu’ils connaissaient. C’était très amusant !
Ca fait partie des trucs marrants que j’ai appris sur les anglais (je vous en parlais ici et ici).

J’avais un chouette uniforme, un joli tablier, j’étais très contente de ce job. Mes « shifts » étaient assez nombreux en fait, je ne souhaitais pas du tout faire un temps plein, ayant déjà mes clients à m’occuper mais vu qu’on était en décembre et qu’il y avait beaucoup de monde chez Caracoli j’y travaillais souvent. Normalement je devais travailler une 20aine d’heures par semaine environ, principalement le week-end, mais dans les faits c’était bien plus.

Vu que j’y passais beaucoup de temps, mon anglais s’est très (très) vite amélioré. L’équipe était géniale en plus, ils m’aidaient beaucoup à m’habituer au job, à la langue, tout le monde s’entendait bien ! J’étais de plus en plus à l’aise avec le lieu, les pratiques, le vocabulaire, j’ai commencé à trouver ma place et à être vraiment opérationnelle et efficace. Le Manager a donc fait évoluer mes tâches, je pouvais commencer à répondre à certaines demandes de clients concernant les produits, j’aidais à la cuisine. On me proposait de me former pour préparer des repas. J’ai accepté. Noël est arrivé, nous avions même un repas d’équipe pour fêter cela (Oui oui, je suis tout au fond avec un chapeau rouge !). J’ai découvert les coutumes anglaises concernant Noël notamment les crackers, mais aussi concernant la gastronomie !

Christmas party with Caracoli Guildford team 🎄🎄🎄

Une photo publiée par Caracoli Guildford (@caracoli_gld) le

Début d’année suivante (donc janvier/février 2015) certains membres du staff ont quitté Caracoli donc mes heures ont considérablement augmenté. Je ne cherchais pas un job à temps plein, et mon activité en freelance commençait à souffrir de mon job chez Caracoli, j’ai donc décidé de quitter Caracoli avec le sentiment d’avoir vécu une très belle aventure.

Au final je n’ai pas travaillé longtemps pour Caracoli, environ 2 mois et demi, mais c’était très intense. Cela m’a beaucoup aidée :

– m’intégrer dans le pays;
– m’accoutumer à la vie locale:
– découvrir les coutumes et habitudes du pays;
– découvert les produits locaux:
– me faire des contacts,
– et surtout améliorer mon anglais.

C’était vraiment une très belle expérience que je suis plus que ravie d’avoir vécue. Même si c’était difficile car je sortais complètement de ma zone de confort, mais après tout je n’avais rien à perdre, tout à y gagner !

En tous cas, si vous partez en Angleterre, je vous conseille d’aller faire un tour chez Caracoli, installez-vous, prenez un bon chocolat chaud avec des marshmallows… Yummy !

Our flat white :)

Une photo publiée par Caracoli Guildford (@caracoli_gld) le

Et vous, vous avez déjà travaillé dans une autre langue ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

4 commentaires

  1. Petitgris

    Tu as vécu là une courte expérience très enrichissante. De plus, évoluer au milieu de toutes ces bonnes choses devait être bien agréable :) Bon week end Bisous

    Répondre
  2. lucie

    C’est vrai qu’en tant que freelance, tu peux vite te retrouver dans ton coin en fait. C’est à prendre en compte quand on part à l’étranger mais c’est que c’est super facile de trouver un job dans un magasin ici. J’ai toujours bossé en anglais ici mais à Londres c’était plutôt « anglais avec des européens » alors qu’à Ipswich c’est « anglais/anglais » avec les références culturelles régionales et j’avoue que même si je comprends les mots, je ne comprends pas toujours à quoi ils font référence. C’était pas le cas à Londres :)

    Répondre