Aujourd’hui je vous présente Isandre, qui nous raconte sa vie d’expatriée à Vienne.
Au passage, elle s’est inscrite sur « La nuit des blogs », donc n’hésitez pas à visiter son univers et à voter pour elle !

Pseudo : Isandre
Âge : la quarantaine
Métier : Blogueuse et rédactrice web
Situation personnelle : En couple, 3 enfants (2 qui sont en Autriche et un qui étudie à Londres)
Blog : la Plume d’Isandre
Expatriée à Vienne en Autriche depuis août 2015

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Comment était ta vie avant l’expatriation ?

Je vivais dans la région genevoise depuis 17 ans. Peu avant de venir en Autriche, j’ai été très malade (cancer du sein) et je suis venue à Vienne alors que j’étais en train de m’en remettre.

Pourquoi t’es-tu expatrié ?

Mon mari voyage beaucoup pour son travail et un jour, on a réalisé qu’il était souvent en escale à Vienne. On a décidé d’en profiter pour voir si cela nous faciliterait les choses par rapport à ses déplacements.

Depuis combien de temps vis-tu à Vienne ?

J’y vis depuis août 2015

L’expatriation était quelque chose que tu voulais tenter ?

Alors j’avais déjà « tenté » l’expatriation, et oui cela m’a toujours attirée de vivre dans d’autres pays. J’ai vécu à Rome avec mes parents lorsque j’étais étudiante, et à Genève avec mon mari et mes enfants. Ce qui me plaît, c’est d’avoir le temps d’entrer dans la culture d’un pays et dans sa vie de tous les jours, plutôt que de rester à la surface.

Comment se sont passés les préparatifs du déménagement ?

Ca a été très particulier. On s’est décidé en 15 minutes à la fin de l’année scolaire. Par chance, j’ai rencontré sur le groupe Facebook Expat Value la personne qui s’occupe maintenant du groupe Expat Parents, et elle m’a donné tous les renseignements nécessaires pour m’installer à Vienne, où elle avait aussi été expatriée. J’ai été épatée de voir comme on a pu s’installer rapidement en Autriche.
On est arrivés fin août avec seulement des valises de cabine ! On ne savait pas combien de temps on allait rester et on savait qu’on retournerait au même endroit ensuite, où mon mari est aussi encore très souvent pour son travail, donc pas de déménagement. Mon mari était dans un autre pays pour son travail, je ne connaissais pas Vienne et je n’étais pas encore très en forme, donc pas de valises de soute non plus pour simplifier les choses. En revanche, en arrivant, je ne savais pas que les magasins se situaient quasiment tous sur une rue de Vienne, la Mariahilferstrasse, qui n’est pas du tout dans mon quartier. Ça a été compliqué de trouver où acheter ce qui nous manquait. Je suis entrée avec mes enfants dans une boutique du Graben sans savoir que c’était une sorte d’équivalent des Champs Elysées… Je n’ai compris qu’en voyant les prix ! Heureusement, le vendeur n’a pas trouvé la taille que l’on cherchait… Oui, on débarquait vraiment, tellement cela s’est fait vite.

Y avait-il des démarches particulières à faire pour ce pays ?

Oui, au bout de 3 jours de résidence dans son quartier, on doit aller s’enregistrer et faire ce qui s’appelle le Meldezettel. Ensuite, comme c’est en Europe, on peut rester 3 mois sans avoir à le justifier. Puis, il faut faire une déclaration de résidence (Anmeldebescheinigung).
Le Meldezettel est très facile et rapide à faire même si ce n’est pas facile de respecter les 3 jours. Heureusement il y a une tolérance : j’y suis allée au bout de 15 jours environ.
Pour la déclaration de résidence c’est plus compliqué : il faut y aller très tôt. Il y a la queue jusque dans la rue et au bout d’un certain nombre de tickets d’attente, on n’en donne plus. Il faut aussi venir avec ses enfants de plus de 14 ans (des jours scolaires). Et il y a des justificatifs à fournir, certains doivent être traduits en allemand par un traducteur assermenté. Et surtout… s’armer de patience !

Peux-tu nous dire ce qui t’a le plus sauté aux yeux à ton arrivée dans ce pays ?

C’est de me sentir aussi perdue. Je ne m’y attendais pas du tout. C’est un pays occidental, c’est en Europe, ça ressemble à chez nous…et Vienne est une ville très bien organisée, notamment au niveau des transports publics, dont le plan est facile à comprendre. Et pourtant c’est très différent. Ce n’est pas comme dans un pays dont la différence saute aux yeux dès qu’on y met les pieds. Au point que j’ai dû aller dans un magasin alimentaire autrichien avec une amie autrichienne pour qu’elle m’explique…. Le blog « ça valse à Vienne » m’aide encore aujourd’hui à comprendre plein de choses ! Allez lire l’article sur les courses en Autriche, vous comprendrez mieux ce que je viens de vous dire…. LIEN

Comment t’es-tu intégrée ?

Deux choses m’ont beaucoup aidée. L’association Vienne Accueil, une association de la FIAFE, qui fait des permanences au début de l’année toutes les semaines, puis une fois par mois, où on peut aller poser toutes ses questions. C’est royal. C’est la première fois que j’arrive à un endroit et que je peux aller demander des renseignements à quelqu’un sur tout ce que je ne comprends pas. Et mon tandem autrichien : il s’agit d’un(e) partenaire que l’on trouve et avec qui on échange du français contre de l’allemand, ou une autre langue, cela se fait beaucoup à Vienne.
Pour l’allemand, je le parle un peu, mais je ne suis pas très douée, mon tandem m’a aussi aidée avec ce qui bloquait, pour le reste, je me débrouille quand c’est nécessaire, et si c’est vraiment trop compliqué, mon mari le parle couramment. Mais il n’est pas souvent là.

Comment cela se passe avec tes enfants ?

Lorsque nous sommes venus à Vienne, ils étaient un peu réticents. Cela s’est fait très rapidement, ils étaient à un âge de l’adolescence où on n’a pas envie de quitter les copains, ils se sentaient bien où ils étaient et ils se sont vraiment demandé ce qu’on leur faisait. Je n’ai pas pu faire grand chose pour leur faciliter cette transition puisque nous partions très vite ! Ma fille aurait aimé pouvoir l’annoncer à ses copines, mais elles étaient déjà en vacances. Ce qui a aidé, c’est que l’on retourne régulièrement d’où l’on vient et ils ont pu garder et revoir leurs meilleurs copains de l’époque.

As-tu eu des inquiétudes, des moments de solitude ?

Oui, vu mon état de santé, j’avais peur d’avoir des problèmes et d’être trop loin des médecins qui m’ont suivie, et sans la famille pour aider. Y compris parfois sans mon conjoint. Je n’étais pas en forme et cela n’a pas toujours été facile, loin de là. Aussi arriver avec mes enfants, dans un pays où je ne connaissais encore personne, me donnait une drôle de sensation. Maintenant j’ai des amis mais à l’époque j’avais le sentiment que si j’avais un problème, je me retrouverais seule au monde (ce qui n’a heureusement pas été le cas). Et bien sûr il m’arrive d’avoir de grands moments de solitude quand j’essaie de m’exprimer en allemand par exemple !

Quelles étaient tes envies et tes projets ?

J’avais envie de me réconcilier avec l’allemand, de m’améliorer dans cette langue et de découvrir la ville de Vienne. Je voulais aussi que mes enfants aient ces possibilités de découverte de la langue et de la culture. Et quelle merveilleuse culture ! J’aurais aimé écrire pour un journal depuis Vienne et développer une activité de rédactrice Web. Finalement ce qui s’est vraiment réalisé, c’est mon blog et l’animation d’un atelier d’écriture pour Vienne Accueil. Des choses que je n’avais pas du tout imaginées au départ mais qui sont de magnifiques expériences.

Qu’est-ce qui te manque le plus de ton pays d’origine ?

Je n’aurais pas cru, mais les hypermarchés (toujours l’histoire des courses..) ! Et mes neveux qui grandissent alors qu’on est un peu loin pour les voir.

Te vois-tu revenir dans ton pays d’origine un jour ?

Oui, mais j’aimerais continuer à vivre un peu ailleurs aussi.

Qu’est-ce qu’il ne faut pas manquer dans ton pays d’adoption ?

Déjà, il ne faut pas manquer l’Autriche du tout. L’Autriche est un pays magnifique, avec une culture et une histoire extrêmement riches, et qui garde un très beau sens du spectacle et de la fête. Je n’ai malheureusement pas pu explorer le reste du pays, mais on m’en a beaucoup vanté les beautés et cela me fait très envie.

Pour résumer :

– à manger: la gastronomie autrichienne est extrêmement riche et variée. Il ne faut pas manquer les nombreuses pâtisseries, le célèbre Apfelstrudel;

– à boire: Le café viennois, bien sûr :-). Ce qu’il ne faut pas manquer, c’est la culture des cafés viennois. On y va pour se poser, prendre son temps, discuter avec des amis. On peut y lire les journées et y rester des heures sans qu’on vienne vous en chasser (sauf dans les plus touristiques). C’est vraiment un lieu de rencontres;

-à voir: Vienne :-) ! Et notamment Vienne avant Noël. Mais Vienne n’importe quand (sauf l’été pour moi, à cause de la canicule), c’est magnifique dès qu’on sort dans la rue;

-à faire: Visiter les grands musées viennois. La ville a une passion pour les musées et il y en a plus d’une centaine, certains sont vraiment à ne pas manquer: le Belvédère (où se trouve le Baiser de Klimt), le Kunsthistoriches Museum ou le Schatzkammer et leurs trésors impériaux, entre autres. La ville est très dynamique et il y a un énorme choix de choses à faire chaque jour et très accessibles;

-à savoir: quand vous arrivez à l’aéroport de Vienne, ne pas prendre le train vert qui est indiqué partout, le CAT, mais le train rouge d’ÖBB, le S7. Pour un prix beaucoup plus modique, vous irez au même endroit dans le centre de Vienne, Wien Mitte. En revanche, c’est le terminus pour le CAT, mais pas pour le S7, donc ne pas louper l’arrêt.

Quels sont tes conseils pour ceux qui souhaitent s’expatrier de manière générale ou en Autriche ?

A propos de mon pays d’adoption: Ne pas penser que vous allez trouver du travail facilement sans parler allemand (c’est un mythe à propos de l’Autriche).Savoir aussi qu’il s’agit d’une culture plutôt introvertie en ce qui concerne les normes de politesse, dans les magasins et autres les vendeurs préfèrent être rapides que courtois, de manière générale. Et ne pas confondre avec la culture allemande, cela n’a rien à voir. Les démarches sont en général assez simples à faire mais il faut vraiment comprendre comment cela fonctionne, pour cela Vienne Accueil a aussi écrit un guide pratique, aussi de contacter cette association pour gagner beaucoup de temps.

A propos de l’expatriation en général : il paraît qu’il ne faut pas faire comme nous mais se préparer avant ;-) ! Je ne sais pas trop, je pense que c’est au cas par cas, que les conditions ne sont pas toujours les mêmes. Mais je dirais s’intéresser au pays que l’on va découvrir, être prêt à abandonner ses préjugés et essayer de comprendre la culture sans toujours la comparer à la sienne. Savoir se nourrir de ses belles valeurs et prendre avec humour ce qui peut surprendre. Vivre cela comme une aventure, parce que ça l’est.

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