JULIETTE. – Hélas !
ROMÉO. – Elle parle ! Oh ! parle encore, ange resplendissant !
Car tu rayonnes dans cette nuit, au-dessus de ma tête, comme le messager ailé du ciel, quand, aux yeux bouleversés des mortels qui se rejettent en amère pour le contempler, il devance les nuées paresseuses et vogue sur le sein des airs !

JULIETTE. – ô Roméo ! Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ?
Renie ton père et abdique ton nom ; ou, si tu ne le veux pas, jure de m’aimer, et je ne serai plus une Capulet.

ROMÉO, à part. – Dois-je l’écouter encore ou lui répondre ?
JULIETTE. – Ton nom seul est mon ennemi. Tu n’es pas un Montague, tu es toi-même. Qu’est-ce qu’un Montague ? Ce n’est ni une main, ni un pied, ni un bras, ni un visage, ni rien qui fasse partie d’un homme… Oh ! sois quelque autre nom !
Qu’y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. Ainsi, quand Roméo ne s’appellerait plus Roméo, il conserverait encore les chères perfections qu’il possède… Roméo, renonce à ton nom ; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entière.

ROMÉO. – Je te prends au mot ! Appelle-moi seulement ton amour et je reçois un nouveau baptême : désormais je ne suis plus Roméo.

romeo_juliette

[Source: J’ai perdu la source de cette image.]

Une merveille cette pièce de théâtre. Une réelle merveille. J’ai toujours aimé Shakespeare, cette façon d’écrire, de présenter l’amour, les mots et les maux. Le mal d’amour. L’incapacité d’aimer. Le destin. Le drame. J’ai beaucoup étudié cette pièce et à de nombreuses reprises. J’ai joué Juliette. Je suis aussi allée à Londres au Shakespeare Globe. J’ai joué Juliette en anglais pour le fun. J’ai toujours voulu faire du théâtre. Je n’en ai jamais fait. Parmi toutes les choses incroyables ( si elles peuvent être considérées comme telles ) que j’ai pu faire avant mes vingt-deux ans il y a ceci que je n’ai jamais fait: du théâtre. Timidité. Ceux qui me connaissent riraient. Ceux qui me connaissent depuis toujours encore plus. Pleureraient de rire même. Et pourtant, je suis une très grande, très très grande idéaliste, romantique, rêveuse, amoureuse du théâtre. Pourquoi donc n’en ai-je jamais réellement fait ? J’aimerais être sur scène. Jouer, stresser, perdre mes mots puis les retrouver. L’estomac noué par le trac, par les émotions et se remémorrer le tout, et tout réciter parfaitement. Le ton parfait, le regard parfait, le mot parfait. J’aime le théâtre. Et particulièrement cette pièce. Il ya des choses auxquelles on aimerait croire.

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