Aujourd’hui c’est Aleksandra, Polo-belge qui nous raconte son aventure de l’expatriation à Québec au Canada.

Prénom : Aleksandra

Âge : 30 ans (Aîe, aîe)

Situation professionnelle : Directrice stratégies d’affaires numériques et analytique chez Chalifour

Situation personnelle :
En couple depuis bientôt 15 ans, animaux : un petit chat ;-)

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Expatriation en cours : au Canada, à Québec plus précisément.

 

Qu’est-ce qui t’a amené(e) à t’expatrier ?

À la base, nous voulions faire un PVT (programme travail vacances) d’un an au Canada afin de faire un long voyage ensemble et de découvrir autre chose. Nous étions fort attirés par le Canada et aimions voyager, mais nous avions surtout voyagé en Europe.

Depuis combien de temps vis-tu là et combien de temps comptes-tu rester ?

Cela va faire 7 ans en septembre. On ne sait pas ce que la vie nous réserve, mais en principe, on compte rester encore un bon moment ici puisque nous allons acheter une propriété l’an prochain et comptons obtenir la citoyenneté canadienne.

L’expatriation était quelque chose que tu voulais tenter ?

À la base, c’était censé ne durer qu’une année donc ce n’était pas une expatriation à long terme qui était prévue. Mais une fois sur place, j’ai eu un coup de cœur très rapidement. Je me souviens très bien la première fois où j’ai pensé que je me verrais bien vivre ici à long terme.

Cela dit, ce n’était pas quelque chose que j’excluais non plus, je savais que c’était une possibilité. Pour moi c’était même quelque chose d’assez normal : ma maman a immigré de Pologne en Belgique, ma grand-mère paternelle est allemande et s’est aussi installée en Belgique et pour finir mon père vivait entre l’Allemagne (où il travaillait) et la Belgique quand j’étais enfant.

Du côté de ma belle-famille, mon conjoint a vécu plusieurs années aux îles Fidji et Salomon dans son enfance.

Donc même si, à priori, je ne comptais pas forcément m’expatrier au départ, cela ne m’a pas effrayée du tout, bien au contraire.

Comment se sont passés les préparatifs du déménagement ? Tu peux nous raconter ?

Oui alors en fait pour immigrer au Canada, il faut évidemment un visa. Dans mon cas, je suis passée par le programme Travail-Vacances. C’est un permis qui vous permet de travailler un an si vous le souhaitez, mais vous pouvez aussi simplement voyager. Afin de l’obtenir, il faut faire une demande, écrire une lettre de motivation et prouver qu’on a les fonds suffisants pour vivre au moins trois mois sur place.

L’avantage de ce permis, c’est que contrairement aux visas de travail classiques, vous n’êtes pas liés à un employeur, vous pouvez donc changer de travail facilement. L’inconvénient vous n’avez pas droit à l’assurance maladie, il faut donc prendre vos assurances (mais c’est un détail).

Évidemment, il faut planifier le départ en fonction de ce permis. Dans notre cas, ce n’était pas trop compliqué comme nous pensions rester seulement un an, nous avions juste pris le nécessaire. Nous avons loué un logement meublé, entreposé nos affaires chez nos parents et acheté les vêtements d’hiver sur place. Ça s’est vraiment bien passé.

Notre bail en Belgique se terminait en août ce qui était parfait puisque nous partions en septembre.

Y avait-il des démarches particulières à faire ou à prévoir pour ce pays ?

Le visa bien évidemment. Cela peut être assez long d’en obtenir un donc si vous envisagez le Canada, commencez par cela. Si vous ne passez pas par le programme Travail-Vacances, il faudra vous trouver un employeur sur place qui vous accompagnera dans vos démarches administratives.

Vous pouvez également demander votre résidence permanente mais ça peut prendre plus de deux ans.

Peux-tu nous dire ce qui t’a le plus marquée à ton arrivée an Canada ?

Au début, j’ai surtout été surprise par les grosses voitures, les voitures de police, les bâtiments, etc. Le côté américain était très présent. Évidemment au début, l’accent est surprenant, je ne comprenais pas toujours tout. Ce qui n’est plus le cas maintenant, même si j’apprends toujours de nouvelles expressions.

Sinon au niveau des gens, c’est vrai que les québécois sont plus « relaxes » et accessibles. Évidemment, il y a toujours des exceptions, tous les québécois ne sont pas gentils et serviables mais disons que globalement c’est le cas. Il n’est pas rare que les gens vous abordent dans le bus simplement pour discuter.

Ça m’a aussi beaucoup marquée au niveau de l’administration, en arrivant, on avait beaucoup de formalités à remplir et les gens étaient vraiment gentils et efficaces. S’il y avait un souci ou quoi que ce soit, ils s’empressaient de nous trouver une solution. Même le douanier à l’aéroport qui a complété le PVT était super agréable et détendu.

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Comment t’es-tu intégrée ?

Au niveau de la langue, le fait que Québec soit francophone aide beaucoup à l’intégration. Socialement, au début, on avait tendance à rester un peu avec d’autres expatriés, il a des rencontres PVT qui se faisaient régulièrement et il y a un forum web pour les expats. Nous avons rencontré de très bons amis français grâce à cela. Nous avions également des amis belges qui faisaient un PVT à Montréal donc nous les voyions régulièrement même s’ils sont rentrés depuis.

Au niveau de l’intégration en tant que telle, elle se fait surtout dans le cadre du travail selon moi. J’ai rencontré la plupart de mes amis québécois dans le cadre professionnel soit directement au travail soit via des événements connexes (conférences, etc.)

Qu’est-ce qui a changé dans ta vie depuis que tu es expat’ ?

Beaucoup de choses, je suis partie alors que je n’avais que 24 ans et pas encore beaucoup d’expérience professionnelle. J’ai beaucoup appris à ce niveau-là et j’ai pu me construire une belle carrière dans mon domaine très rapidement.

En dehors du domaine professionnel, j’ai également beaucoup évolué. Alors que j’étais quelqu’un d’assez angoissé dans le passé, je suis devenue plus positive et confiante.

Au Québec, les gens sont très ouverts et parlent facilement du coup, ça a déteint sur moi. J’ai plus de facilités à parler à des inconnus. J’ai aussi délaissé le vouvoiement européen pour le tutoiement largement répandu et plus chaleureux. Ça n’a l’air de rien, mais ça n’a pas été évident surtout que je suis à ½ polonaise et qu’en polonais, on utilise une forme de vouvoiement à la 3e personne qui met encore plus de distance.

Ça peut sembler « cliché » mais j’ai aussi pris conscience du fait que je me mettais beaucoup de limitations et de barrières moi-même alors qu’elles n’existent pas.

J’ai aussi développé un très fort goût pour les voyages. J’avais déjà voyagé par le passé, mais cette envie s’est renforcée. Depuis que nous sommes ici, nous avons fait trois road-trips dans l’ouest des États-Unis, deux en Floride, au Costa Rica, au Mexique, à Hawaii, sommes allés 8 fois à New York et tout récemment au Japon. Dès qu’on rentre de voyage, on pense tout de suite au suivant ;-). Et même quand je rentre en Belgique, j’essaie de faire un petit city-trip quelque part. Je pense que ça toujours été en moi, mais le fait de venir m’établir au Canada a vraiment développé ce goût pour le voyage.

Pour terminer, depuis que je suis au Canada, j’ai aussi développé un côté « plein air » (en lien avec le goût du voyage) que je n’avais pas du tout avant de partir. J’ai commencé à faire des randonnées et à aimer ça. J’ai également fait du camping pour la première fois de ma vie (à 25 ans) lors d’un road-trip dans l’Ouest des États-Unis.

Bref beaucoup de changements assez positifs dans l’ensemble.

Comment as-tu réussi à concilier vie perso / expat / vie pro ?

Plutôt bien en fait. Ayant un profil un peu atypique, mais recherché (SEO et web analytique), j’ai vite trouvé un travail (on n’avait pas de travail qui nous attendait sur place en arrivant et on a travaillé un mois dans un magasin de jouets avant de chercher dans nos domaines) et j’ai été débauché par l’entreprise dans laquelle je suis actuellement. Pour la conciliation vie perso, au Canada, la vie familiale est très importante, le travail permet donc de bien concilier les deux. Il y a beaucoup de flexibilité au niveau des horaires, on termine rarement après 17h. Les congés parentaux sont vraiment plus longs qu’en Europe ( 9 mois à un an et les parents peuvent se partager le temps).

Pour l’expatriation, je rentre en Belgique environ tous les 1 ans et demi. Il est facile de prendre des congés. De plus, dans l’entreprise où je suis, il y a des politiques de conciliation voyage-travail qui permettent de travailler à distance depuis l’étranger. J’ai d’ailleurs une collègue qui a voyagé pendant 4 mois tout en travaillant à distance.

Ma famille vient me rendre visite régulièrement et là aussi, je peux facilement prendre des jours de congé pour passer du temps avec eux. Pareil pour les amis.

As-tu eu des inquiétudes, des moments de solitude ?

Oui, il y a eu quelques moments de solitude bien évidemment. Souvent pour les anniversaires et les moments importants. Parfois, je peux avoir un petit coup de blues simplement en voyant une mère et sa fille faire du shopping et penser que la mienne est loin. Mais, ça n’arrive pas trop souvent et je suis bien entourée.

Même si ça me semble loin maintenant, les périodes où l’on devait renouveler nos permis de travail et l’attente pour la résidence permanente étaient toujours fort stressants. On n’était jamais sûrs à 100% que les permis seraient renouvelés (même si ce fut toujours le cas) du coup, on avait toujours un peu peur de devoir rentrer précipitamment et laisser notre vie ici dernière nous. De plus, avant d’avoir la résidence permanente, c’était un peu compliqué de se projeter à plus long terme. Heureusement tout cela est maintenant derrière nous.

J’ai la chance de m’être expatriée avec mon conjoint, je pense que ça aide énormément, car si l’un a un petit coup de déprime, l’autre est toujours là pour lui remonter le moral. Le fait d’avoir de la visite régulièrement et de pouvoir rentrer souvent aide aussi.

Qu’est-ce qui te manque le plus de ton pays d’origine ?

Ma famille et mes amis.

La tarte au riz ;-) le fromage pas cher (car il y a du fromage ici aussi mais il coûte une fortune même celui produit localement) et les croquettes aux crevettes de la mer du Nord.

Te vois-tu revenir dans ton pays d’origine un jour ?

Pas pour l’instant. J’ai l’impression que je me réexpatrierais dans un autre pays plutôt que de rentrer en Belgique. Mais on ne sait jamais ce qui nous attend. Et ce n’est pas un non dans le sens je ne veux absolument pas rentrer en Belgique, c’est plus que j’aime ma vie ici.

D’ailleurs, j’adore ma petite Belgique, je prends beaucoup de plaisir à revenir à chaque fois. Mais le pays dans lequel je me vois vivre à long terme et fonder une famille, c’est le Canada pour le moment.

Qu’est-ce qu’il ne faut pas manquer dans ton pays d’adoption ? 

– à manger :

La poutine ! Mais à part, ça, les québécois adorent la bonne nourriture, il y a donc de très bons restaurants et de beaux produits en magasins.

– à boire :

Personnellement, je ne bois pas d’alcool, mais apparemment, il y a de bonnes bières au Québec. J’ai aussi ramené en cadeau des « Coureurs des bois » à ma famille et amis, c’est une sorte de Baileys au sirop d’érable et ça été très apprécié ;-)

– à voir :

Il y a tant de choses à voir et j’en ai vu encore très peu. Au Québec, je recommande vraiment de faire un tour en Gaspésie, plus spécifiquement au parc de la Gaspésie, un gros coup de cœur. La ville de Québec (et ses alentours avec tous les parcs) bien évidemment pour laquelle j’ai eu un coup de cœur et qui a fait en sorte que je reste ici.

Au niveau des grosses villes, il y a bien sûr Montréal, mais si personnellement, je préfère Toronto.

– à faire :

Ce ne sont pas les activités qui manquent tant à Québec qu’à Montréal. L’été il y a plusieurs festivals de musiques, d’humour, etc. Il y a des très belles randonnées à faire. Évidemment, il y a les sports comme le hockey ou le baseball.

– à savoir :

Ne pas oublier que lorsqu’on va au Québec, c’est nous, européens qui avons un accent et non l’inverse ;-)  

S’il fait très froid l’hiver, il fait aussi très chaud et humide l’été : nos amis et famille qui sont venus l’été ont tous été fort surpris…

Quels sont tes conseils pour ceux qui souhaitent s’expatrier de manière générale ou dans ton pays d’adoption ?

Ma première recommandation est bien sûr de « tester » le pays en y venant une première fois en vacances pour voir si ça vous plait vraiment. Depuis que je suis ici, j’ai rencontré plusieurs personnes qui ont fait les démarches pour avoir une résidence permanente sans jamais être venus et ils sont souvent regretté et sont rentrés chez eux. Un autre élément à bien prendre en considération est l’immigration économique. Il ne faut pas que le travail soit votre seule raison de venir au Canada (et il y a évidemment beaucoup de personnes qui viennent au Canada pour ça). Selon moi, si vous immigrez juste pour avoir une meilleure situation professionnelle que dans votre pays, c’est la meilleure façon de ne pas aimer votre expérience sur place. Il faut vraiment que le mode de vie, la mentalité, la cadre de vie vous plaisent.

De façon encore plus générale, je dirais que si vous avez envie de vous expatrier, faites-le, peu importe votre âge. N’attendez pas qu’une occasion se présente, créez-la-vous-même sinon vous risquez de vivre avec un regret. Puis rien n’est définitif, si ça ne vous plait pas, vous pourrez toujours rentrer.

T’y es-tu fait des amis ?

Oui j’ai vraiment beaucoup de chance à ce niveau-là. J’ai réussi à me faire un cercle d’amis très proches, une vraie famille de substitution. Je suis vraiment bien entourée.

Comme je le disais plus haut, je me suis fait de nombreux amis via le travail, mais également par hasard, des personnes qui m’ont été présentées par d’autres, etc.

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