Anne est également une serial expatriée, d’abord au Vietnam, puis au Turkménistan, à Honk-Kong et désormais à Doha au Qatar. Maman de deux enfants, elle nous raconte son parcours et son expatriation au Qatar.

Prénom : Anne
Âge : 35ans
Situation professionnelle : Entrepreneur
Situation personnelle : Marié, 2 enfants nés à l’étranger (le 1er au Vietnam et le 2ème à Hong Kong)
Historique d’expatriation :
– au Qatar depuis Sept 2016 .
– 2012-2016 : Hong Kong
– 2011-2012 : Turkménistan
– 1ère départ en Février 2007-Nov 2011 : Vietnam

Comment était ta vie avant l’expatriation ?
Je suis partie en expatriation juste à la fin de mes études supérieures. J’étais alors encore qu’une étudiante qui rêvait d’évasion.

Qu’est-ce qui t’a amenée à t’expatrier ?
Depuis combien de temps vis-tu là et combien de temps comptes-tu rester ?

À l’adolescence et par la suite avec mes études, j’ai toujours rêvé de partir vivre à l’étranger. Je souhaitais aller découvrir d’autres cultures et perfectionner mon anglais. Ma famille a vécu la tragédie des boat peoples vietnamiens, donc nous avons de la famille un peu partout sur cette planète: France, États Unis, Australie, Chine…
J’avais cette opportunité de partir faire mes études aux États Unis, qui en fin de compte n’a pas pu se concrétiser, mais l’envie de partir était bien présente en moi.

L’expatriation était quelquechose que tu voulais tenter ?
Quand j’étais en Ecole de commerce, nous avions un cours sur le commerce international et nous avions survolé le contrat d’expatriation. L’expatriation était pour moi un rêve, un objectif.

Comment se sont passés les préparatifs du déménagement ?
Quand nous sommes partis la 1ère fois en 2007 à Ho Chi Minh City, les réseaux sociaux n’étaient pas aussi présents qu’aujourd’hui. Nous avions quelques contacts locaaux mais on avait très peu d’informations sur l’aventure qui nous attendait.
Nous sommes partis avec 4 valises et quelques affaires personnelles : décoration, photos imprimées (famille et des amis), de la musique française. Nous voulions prendre un peu de la France dans nos valises.

Y avait-il des démarches particulières à faire/à prévoir pour ce pays ?
Non, j’ai fait toutes les démarches localement pour mon visa de travail.

Peux-tu nous dire ce qui t’a le plus sauté aux yeux à ton arrivée dans ce pays ?
Le traffic, la chaleur et l’humidité.
Ho Chi Minh est une métropole incroyable, toujours en action, on dirait que les gens ne s’arrêtent jamais. À toutes heures, Les rues sont noires de moto et scooter de tous genres.
Si vous avez l’occasion d’y aller, regardez bien les poteaux électriques, vous pouvez y voir des centaines de noeuds de câbles électriques, c’est vraiment impressionnant !

Comment t’es-tu intégrée ?
Je suis arrivée au Vietnam avec un travail en poche. On a atterri un vendredi et j’attaquais mon nouveau job le lundi qui suivait. Au Vietnam, la population est très accueillante et généreuse. L’équipe m’attendait et ils étaient très contents de me recevoir dans leur entreprise.
La plupart des vietnamiens parlent un anglais très correct, il est vrai que j’avais un avantage car je parle aussi le vietnamien !
J’ai aussi rencontré une communauté expat très soudée, tout le monde connaissait tout le monde ! J’ai vite trouvé ma place au sein de la communauté française.

Qu’est-ce qui a changé dans ta vie depuis que tu es expat’ ?
On pensait au départ partir seulement pour 2 ans grand maximum, le temps de vivre une expérience professionnelle. Mais on est tombés amoureux de ce mode de vie, même si parfois il y a des hauts et des bas.
Notre famille et nos amis en France nous manquent beaucoup, mais notre soif de découvrir des pays, des cultures et des populations de nos pays d’accueil prend le dessus.

Comment cela se passe avec tes enfants ?
Mes 2 enfants sont nés à l’étranger. Le 1er à Saigon et le 2ème à Hong Kong. Même si nous vivons loin de nos familles, que ce soit mon mari ou moi-même nous sommes très proches d’eux. Internet facilite les échanges, et nous consacrons nos dimanches à des Skypes afin de garder contact avec les nôtres. Lors de mes 2 grossesses, j’ai eu la chance d’avoir la visite de mes parents, qui m’ont beaucoup soutenue.
Même si nos enfants ont l’habitude de voyager et de déménager, j’ai dû regorger d’astuces pour garder une certaine continuité pour ne pas trop les déstabiliser. Par exemple, d’un pays à un autre j’essaie de garder quelques éléments de décoration de leur chambre. Il m’est arrivé d’acheter des stickers de décorations x2 pour avoir les mêmes dans le prochain pays. Il m’est arrivé aussi de devoir retarder notre arrivée dans un pays d’accueil car notre déménagement n’était pas encore arrivé.

Comment as-tu réussi à concilier vie perso / expat / vie pro ?
Nous avons commencé l’expatriation grace à mon travail. Mais par la suite, mon conjoint a décroché « THE » contrat d’expat.
Pour vous dire la vérité, je n’étais contente qu’à demi mots. Son contrat d’expatriation était synonyme de stabilité mais il était aussi le début officiel de ma vie de « femme d’expat ».
J’ai cependant toujours réussi à trouver du travail en adéquation avec mes attentes : poste à responsabilité, alliant challenge et management d’équipe.

As-tu eu des inquiétudes, des moments de solitude ?
Oui bien sûr, selon nos pays d’expatriation les inquiétudes diffèrent. Mais ce que je craignais le plus, était de devenir la « femme d’expat » par excellence. Devoir rester à la maison, aller au café avec des copines, m’occuper de la maison et des enfants, et attendre gentiment mon mari le soir. Il y a un côté « housewife » qui est totalement mon opposé. Cette inquiétude s’est amplifiée une fois que je suis devenue maman. J’avais l’impression parfois de ne vivre que pour mes enfants et mon mari. Au Turkménistan et au Qatar, il m’est arrivé que les gens me demandent ce que fait mon mari, à quelles écoles sont mes enfants mais ils ne se souciaient guère de MA situation, au fait que moi aussi j’ai une vie à part entière et notamment des ambitions professionnelles.

Quelles étaient tes peurs / envies / projets ?
En 2016, ma société à Hong Kong m’a fait une proposition pour un poste de Général Manager à Shanghai. Hélas, j’ai dû refuser le poste afin de suivre mon mari au Qatar. C’était la goutte d’eau de trop !
Arrivée au Qatar, après avoir pris le temps nécessaire pour organiser la maison, l’école des enfants, j’ai commencé à réfléchir à retrouver un travail. Mais cette fois-ci, je ne trouvais plus la motivation, l’enthousiasme que j’avais auparavant. Nos six premiers mois au Qatar étaient longs et pénibles car je ne savais plus comment avancer.
J’ai commencé à ressortir, faire du networking. Et j’ai alors fait la rencontre avec d’un groupe de bénévoles le DFPN Doha French Speaking Network lors d’une soirée networking. J’ai rapidement adhéré à leur club et je suis aussi devenue bénévole. Nous organisons des réunions, ateliers, soirées pour aider les francophones au Qatar à trouver du travail. Je me suis vite rendue compte, que je n’avais plus l’envie de m’investir dans une entreprise et de devoir tout arrêter du jour au lendemain. C’était devenu une évidence, je dois créer ma société nomade, pouvoir travailler dans n’importe quel pays et pouvoir être maître de ma vie.
J’ai donc fait le grand saut, je travaille aujourd’hui sur mon projet, qui prend forme petit à petit .

Qu’est-ce qui te manque le plus de ton pays d’origine ?
La famille.

Te vois-tu revenir dans ton pays d’origine un jour ?
Pas vraiment, il m’est très difficile de m’y projeter. Même si au fond de moi, je sais qu’on fera le grand saut un jour ! Inchallah !

Qu’est-ce qu’il ne faut pas manquer dans ton pays d’adoption ?

– à manger : cuisine arabe, libanaise
– à boire : jus citron menthe
– à voir : MIA musée art Islamique, le souk Waqik
– à faire : les sorties désert en 4×4, camper dans le désert
– à savoir : 90% de la population sont des expatriés : Bangladesh, Indien, Philippins, Pakistanais, Sri Lankais….etc

Quels sont tes conseils pour ceux qui souhaitent s’expatrier de manière générale ou dans ton pays d’adoption ?
De manière générale, il est important de savoir s’ouvrir aux autres, d’être flexible et de savoir s’entourer. Durant l’expatriation les amis deviennent notre nouvelle famille. Les us et coutumes varient d’une culture à une autre, des choses tout à fait banales parfois. Par exemple, au Vietnam les motos se garent à l’intérieur des maisons, oui oui à l’intérieur en plein milieu de la pièce principale, alors que pour nous il était évident de laisser la moto à l’extérieu !

Comment as-tu appréhendé la langue de ton pays d’adoption ?
Aucun problème ! Ici tout le monde parle anglais. Le plus drôle est que la plupart des gens au Qatar pensent que je suis une philippine et non une française de part mon physique.

T’y es-tu fait des amis ? Si oui comment, si non pourquoi ?
Oui j’avais déjà des amis au Qatar, des amis expatriés de Hong Kong ! Nous nous sommes donc retrouvés. Cette situation arrive très souvent à l’expatriation, on se rend compte que le monde est petit.
Ensuite, j’ai commencé à faire du networking et c’est ainsi que j’ai rencontré des amis !

Tu as d’autres choses à rajouter :
Suivez votre instinct ! Et n’oubliez pas de partager votre expérience, vos problèmes, votre quotidien avec d’autres expatriés. Entre expatriés on se comprend. Aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux, il est plus simple de rencontrer des personnes ! N’hésitez plus, rencontrez-les, en vrai, et ne restez pas caché derrière votre écran.

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