3 ans. Trois ans. Trois années. Déjà.
Ça passe tellement vite, c’est fou.

Il y a trois ans je tremblais en tenant ma souris pour faire ce dernier clic. Celui qui me propulserait officiellement au statut d’auto-entrepreneur. Un clic pour devenir freelance. Un clic pour devenir mon propre patron. Un clic pour ma liberté professionnelle. Un clic et paf, c’était fait. Statut : auto-entrepreneur c’est moche ! (oui je sais on dit micro-entrepreneur maintenant, mais ce n’est pas plus joli…). Mais c’est un statut qui m’a permis de grandir, d’apprendre, de m’épanouir.

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Pourtant au début ce n’était pas gagné, je me lançais vraiment dans le vide. Heureusement j’avais déjà de l’expérience professionnelle sinon je ne me serais pas lancée. Ce fameux clic a déclenché un tas de réactions autour de moi :

– ceux qui me prenaient beaucoup moins au sérieux parce que je n’étais plus « labellisée » par une grosse boîte (ceux-là étaient largement majoritaires);
– ceux qui se moquaient un peu de moi parce que « se mettre en freelance c’est un peu comme être au chômage« , hum c’est un point de vue, mais oui on me l’a bien sortie cette phrase !
– ceux qui étaient curieux mais perplexes…;
– et bien sûr ceux qui me soutenaient !

Vous l’aurez compris autour de moi les gens étaient plutôt sceptiques à l’idée qu’être à son compte c’est avoir un travail, un vrai. Rappelons quand même que c’était il y a trois ans, depuis j’ai vraiment pu voir que les esprits ont beaucoup évolué. La tendance du télétravail s’étend, le freelancing est de plus en plus courant, etc.

Trois années qui m’ont beaucoup changée professionnellement. J’ai grandi. J’ai appris :

– à dire non;
– la diplomatie;
– à gérer mon agenda;
– à gérer mon temps;
– à estimer le temps à passer;
– à suivre le temps passé;
– à me faire confiance;
– à me faire entendre;
– à faire le tri entre les vraies et les fausses urgences des clients;
– à rassurez les clients ;
– à expliquer;
– à former.

Trois ans d’aventures. Trois années qui sont passées en un éclair. Des belles rencontres, des projets hyper intéressants, des projets qui m’ont donné des ailes et m’ont motivée, d’autres que je ne sentais pas. J’ai aimé dire OUI, j’ai appris à dire non. J’ai parfois dit peut-être à défaut de dire non. Je me suis forcée à refuser. Je me suis mordu sur la langue. J’ai parfois regretté (principalement de ne pas avoir dit non), j’ai appris à trier. J’ai appris à m’écouter et à m’affirmer.

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Mon meilleur moment ?

En réalité j’ai beaucoup de chouettes souvenirs, de tous genres : des projets fabuleux, des rencontres incroyables, des contacts un peu partout dans le monde, des conf’ avec des clients dans d’autres fuseaux horaires, des fou rires, de belles rencontres professionnelles qui deviennent des amitiés inoubliables, des heures à se creuser les méninges et s’arracher les cheveux, des deadlines trop serrées, des litres de café, des pti dej’ au bureau des clients, des équipes géniales, des galères, des heures dans le train, … . Trois ans !

* Une chose qui m’émeut beaucoup c’est lorsqu’un client me raconte l’histoire de son entreprise et m’intègre pleinement à son développement, sa notoriété. C’est un moment où l’on se connecte avec un potentiel client et où l’on sait si l’on veut -ou non- travailler avec lui, et s’investir dans son projet. Au début cela m’effrayait car j’avais peur de ne pas être à la hauteur, je ne voulais pas décevoir, mais je crois qu’on s’empêche de faire beaucoup de choses à cause de la peur. Quand j’ai compris cela, je me suis libérée et j’ai pu m’éclater sur les projets de mes clients. Avec l’expérience je comprends mieux leur univers, leurs besoins, leurs questions. C’est agréable de pouvoir être en phase avec eux et de pouvoir les aider.

* L’an dernier j’ai vécu une période difficile fin de l’été / début de l’automne, je travaillais avec une agence qui me sous-traitait tout son community management et parfois la gestion de projet de ses clients. Nous avons bossé ensemble un an, je faisais complètement partie de leur équipe, même à distance, c’était génial. J’ai eu un très gros projet concernant une stratégie et ma santé ne me permettait pas de continuer (hôpital and co pendant quelques jours). Du coup c’est une amie freelance également qui a pris le relais et a terminé la stratégie de communication que j’avais commencée. Aujourd’hui encore nous travaillons régulièrement ensemble sur des projets communs.

* Je sais je me répète, mais c’est pour moi un tel bonheur que de pouvoir travailler d’où je veux (tant qu’il y a internet). J’ai eu de très jolis bureaux, j’ai pu m’expatrier en Angleterre un an et tester un autre statut, celui de Self-employed, (d’ailleurs, je me rends compte que je ne vous en ai même pas parlé), et puis je suis rentrée en France à nouveau. Et je pense changer de statut bientôt car le statut d’AE a ses limites : on ne peut pas déduire ses frais, alors que le statut aux UK était beaucoup plus permissif et intéressant, on prend goût à la liberté ! M’enfin bon, ce n’est pas le moment de détailler cela par ici. Je reviendrai sur ces sujets prochainement.

Mon pire souvenir ?

Un de mes premiers devis ! On m’avait contactée pour gérer plusieurs comptes sur les réseaux sociaux d’une société de taille moyenne, un produit très sympa. Il s’agissait d’une entreprise qui avait un chouette service de communication, mais ils n’avaient rien de fait pour le « online ». Tout était à imaginer et à mettre en place, il y avait du challenge, mais je ne le sentais pas DU TOUT… Je sentais que la transition du web vers le online allait être compliquée, rien que par le fait que c’était le service commercial qui me contactait et non le service communication… J’étais incapable de pondre un devis, je ne savais pas réellement comment agencer mes idées, comment les mettre en perspective, comment énoncer un prix. J’y ai passé deux jours. Je l’ai finalement terminé, je l’ai envoyé par mail, la boule au ventre. C’était atroce. Et surtout, j’espérais ne pas avoir de réponse car je ne sentais vraiment pas le projet. J’ai pourtant eu un OUI comme réponse, et j’ai dû après coup leur dire que finalement je ne pouvais pas travailler avec eux.

Résultat des courses : j’ai perdu deux jours de travail juste parce que je n’osais pas dire « non ». C’est une leçon que j’ai apprise à la dure, et aujourd’hui je n’hésite pas à refuser. De plus, je travaille avec de nombreux autres freelances (de mon domaine comme d’autres) les contacts sont nombreux et ce que je ne peux/veux pas faire, d’autres le peuvent/veulent. Et ça c’est plutôt chouette.

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Bilan ?!

On apprend beaucoup comme je vous le disais. On apprend à s’affirmer. Certains clients ne paient pas, parce qu’ils oublient, parce qu’ils pensaient qu’ils auront les fonds d’ici la fin de la mission, parce qu’ils sont malhonnêtes, parce qu’ils sont sûrs que vous n’oserez pas réclamer. J’étais très naïve au début, et puis je n’avais jamais rencontré ce problème, et puis j’étais sympa, je laissais du temps car « oui oui bien sûr je comprends vous me paierez le mois prochain« . Le provisoire devient une habitude pour certains clients. Alors cela n’arrive que rarement, mais cela arrive tout de même. En trois ans, j’ai rencontré ce cas de figure 4 fois. 3 fois ce n’était que des banalités, la 4ème c’est allé bien plus loin.
C’est fatiguant mais on apprend en expérimentant les aléas du statut de freelance, on tire des leçons et encore une fois on apprend : à se protéger cette fois. Et surtout à prendre du recul ! C’est essentiel. On peut s’investir dans son travail, et on le doit (freelance ou pas d’ailleurs), mais il faut apprendre à ne pas tout prendre trop à cœur non plus. Surtout quand on est freelance. Ne pas remettre ses compétences professionnelles en cause parce qu’un client décide de stopper la mission. Cela m’est arrivé la première année, il s’est juste avéré que la cliente n’avait plus de fonds, du coup je l’ai formée afin qu’elle puisse gérer son community management elle-même.

Quoiqu’il en soit, être freelance est un mode de vie, une méthode de travail. Modulable, flexible, qui correspond à mon idéal de vie. Je ne vais pas vous expliquer les trucs cool qu’on peut faire quand on est freelance, puisque j’ai déjà rédigé cet article. Mais je pense que ça vaut le coup de tenter l’aventure et de se lancer. Alors oui on galère, non ce n’est pas toujours rose mais après tout, quel métier l’est ? Quel statut l’est vraiment ?
Trouver sa voie et le cadre qui est fait pour soi et se lancer, tester, s’éclater ! :]
Et demain ? Demain on verra bien, l’avenir est plein de belles promesses et de belles opportunités !

Et vous, quels sont vos rêves de carrière ?

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16 commentaires

  1. Beatrice

    Bonjour et bravo pour ce joli parcours!
    Je garde tes coordonnées « sous le coude » car j’ai le projet de remodeler mon blog pour le rendre plus pro et je pense qu’il n’y a rien de tel qu’une « pro » pour faire çà . (D’ailleurs est-ce que tu bosses pour des particuliers ou seulement pour des sociétés ?)
    En attendant bisous et bon dimanche !

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  2. Natacha

    Bravo encore à toi d’avoir été au bout de ton projet. C’est chouette que cela réussisse et que tu t’épanouisses!

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  3. Lady Breizh

    Bravo pour cette belle aventure, je t’admire vraiment, plusieurs fois mes amis m’ont dit de me lancer, mais je n’ose pas encore… un jour peut-être

    Au plaisir de te rencontrer sur Nantes.

    Biz

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  4. tania

    joli bilan
    contente de voir ce que ça t apporté
    les débuts ne sont pas forcément évident mais tu t es accrochée

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  5. Happy June

    Juste pour te dire merci pour ton commentaire chez moi !
    Et découverte de ton joli blog, et aussi félicitations pour tes 3 années de free ! Je sais que c’est un sacré challenge alors bravo à toi !!

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  6. Elodie Godart

    Merci, cet article me permet de « dédramatiser »… je me lance en freelance avec le même statut depuis… hier :-) Je me retrouve dans tout ce que vous avez décrit concernant vos débuts, vos doutes, votre état d’esprit… A bientôt peut-être !

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  7. argone

    C’est certain que devenir freelance n’est pas un long fleuve tranquille ! et apprendre à dire non c’est parfois difficile, mais nécessaire dans certains cas, tu as raison.

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  8. carla

    je vais bientôt mais lancer moi aussi – merci pour cet article, je m’y retrouve énormément ! je sais que la tâche sera difficile, mais il faut faire ce dont on a envie :)
    Carla

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